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Musée de la Reconstruction et de la Mémoire de la Ville d'Agadir

Agadir - Maroc

Un nouveau musée, dédié à la mémoire de la Reconstruction d’Agadir 60 ans après le tremblement de terre du 29 février 1960, va permettre, à la fois, de nourrir les mémoires individuelles et collectives des citoyens et de dynamiser leur projection dans le futur grâce à la recherche historique menée, grâce à l’exposition et grâce aux activités culturelles qui seront proposées au public.

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Musée de la reconstruction d’Agadir

La ville d’Agadir va se doter d’un nouveau musée dédié à la mémoire de sa reconstruction après le tremblement de terre du 29 février 1960.

La « mémoire du futur »

On a l’habitude d’entendre dire qu’un musée est un lieu mort, statique, dédié au passé.

En fait, des études récentes de neurobiologie sur la mémoire montrent aujourd’hui qu’il n’en est rien : le même réseau cérébral est sollicité que le sujet se tourne vers son passé ou vers son futur. Elles montrent également que chacun de nous est bel et bien moteur dans l’élaboration de sa propre mémoire.

« La mémoire, qui semble par essence tournée vers le passé, est en fait intrinsèquement et délibérément orientée vers le futur. Même si une telle conception avait été entrevue de longue date, la mémoire du futur n’est devenue une thématique de recherche à part entière que depuis une douzaine d’années, mais elle est aujourd’hui motrice.

Quelles sont les grandes fonctions de cette mémoire du futur qui contribue grandement à nos prises de décision ? Comment s’articule-t-elle avec la mémoire du passé ? Quelles sont les pathologies qui la mettent à mal ?

Aujourd’hui cette mémoire du futur, indispensable pour orienter notre devenir sur le plan individuel comme sur le plan collectif, est aux prises avec les nouveaux moyens d’information et de communication, l’intelligence artificielle et la robotique. Et elle est menacée par les mémoires externes, de plus en plus puissantes et invasives.

Comment préserver nos « mémoires internes », en particulier celles des jeunes générations, pour continuer à élaborer et construire notre devenir ? »[1]

L’enjeu de la mémoire collective, tout comme celui de la mémoire individuelle, est de permettre aux sujets de se projeter dans l’avenir en préservant nos « mémoires internes ».

Le musée de la Reconstruction et de la Mémoire, musée de la résilience par excellence, va permettre, à la fois, de nourrir les mémoires internes des citoyens et aussi de dynamiser leur projection dans le futur grâce à la recherche historique menée, à l’exposition et aux activités culturelles proposées au public.

Le parcours d’exposition du Musée de la Reconstruction

SECTION I

Séquence 1

La séquence 1 propose une immersion sensorielle dans les 12 secondes du séisme d’Agadir. Elle doit permettre aux visiteurs de ressentir la puissance destructrice du tremblement et de saisir son impact. Une vidéo projetée à 360° imbriquera différents extraits vidéos, photos et sons. Un faux plancher en légère pente sera aménagé afin de produire des vibrations.

Ces images, projetées dans un environnement à sensation, seront difficiles à regarder pour un public sensible ou trop jeune. Par conséquent, cette salle de séquence 1 est située à part et peut être évitée lors du parcours.

Séquence 2

La visite commence donc par la Séquence 2 située dans la salle qui fait face à l’accueil. Elle propose une lecture rationnelle et distanciée des événements. La finalité de cette salle est d’apporter des explications simples, historiques et scientifiques du tremblement de terre d’Agadir afin de permettre aux visiteurs de saisir la tragédie qui s’y est déroulée.

Séquence 3

Sur le mur de droite, des bornes interactives permettent aux visiteurs de comprendre scientifiquement le drame en consultant des dossiers d’expertise et en manipulant eux-mêmes des sismogrammes sur écran. Ces bornes, deux pour adultes et une pour enfants, leur permettront de faire l’expérience virtuelle de la création d’un tremblement de terre en fonction de différentes données géologiques. Au centre de la salle, est exposée la maquette d’une coupe géologique d’Agadir présentant l’épicentre, les quartiers touchés et la faille géologique.

La scénographie générale de cette salle dédiée aux séquences 2 et 3 restituera l’ambiance sombre et tragique par une grande sobriété et un soin particulier porté à l’image.

SECTION II

Séquences 1 et 2

Ils accèdent par la suite à la Section II qui se déploie dans tout l’espace central sous la voûte de pavés de verre. Sous la coursive, un ascenseur panoramique leur permettra d’accéder à l’étage et leur donnera une autre vision sur la séquence.

Le concept scénographique de cette section est de montrer comment par l’action des hommes fit émerger l’ordre du désordre après ce cataclysme naturel qui leur fut infligé.

À la matérialité et au chaos du tremblement de terre répondent ici les actions pour reconstruire la société et ses diverses formes tant matérielles qu’immatérielles.

Le sol du grand espace est jonché de plaques empilées de manière en chaotique – images fixes et animées des décombres et des nombreux reportages des conséquences du désastre – d’où émergent et s’élèvent des surfaces plus abstraites – les actions – pour recréer un ordre visible des coursives de l’étage et dans les formes urbaines exposées dans les salles attenantes.

Ce principe permet, à partir d’écrans et surfaces aux formes simples, de créer un désordre et de l’ordonner en s’élevant dans l’espace. Il s’adaptera aux contenus définis dans la prochaine phase dans la mission de programmation muséographique. Certaines plaques seront des écrans LED, d’autres des reproductions de photos, d’autres peuvent accueillir des textes ou des objets…

Les plaques qui s’élèvent seront, pour certaines, double face, des images seront visibles d’en bas et d’autres d’en haut. D’autres plaques viendront s’accrocher aux parois verticales comme projetées par la violence du séisme.

Les images en noir et blanc se mêleront aux quadrillages noirs et blancs du sol et des murs du rez-de-chaussée créant ainsi une atmosphère dramatique. Les plaques qui s’élèvent du sol vont vers la lumière, elles s’affinent, s’allègent et s’éclaircissent au fur et à mesure qu’elles montent.

Elles montrent les divers projets d’urbanisme aux visiteurs sur la coursive du niveau 1 et les guident jusqu’aux salles d’exposition qui déploient la SECTION III.

SECTION III

Séquence 1 – L’esprit de collaboration productive

Séquence 2 – Partis-pris urbanistiques

Séquence 3 – Une architecture de pionniers

Dans un premier temps, la SECTION III met en avant l’énergie collective de la reconstruction architecturale, l’esprit d’innovation et l’engouement créatif de cette ville pour partie désormais moderne, et dont les grands concepteurs et bâtisseurs y sont présentés. Au centre de la première salle, une table de médiation ainsi qu’un atelier pour enfants offrent une expérience personnelle supplémentaire aux visiteurs de tous âges.

Puis, face à une grande frise rythmée le long du corridor, on peut voir un film panoramique diffusé sur un vaste écran LED situé à l’extérieur, à l’arrière du fronton de la façade, dilatant ainsi l’espace de ce passage, et ouvrant sur une vidéo panoramique d’Agadir. Cette vidéo est légèrement visible par le passant dans la rue et l’attire vers le musée.

Séquence 4 – Modèles de réalisation

La dernière salle permet aux visiteurs de s’intéresser plus précisément à 12 projets phares de la reconstruction urbaine et architecturale. Ils les découvrent chacun autour d’une table, grâce à une borne interactive intégrant la maquette 3D et un élément de graphisme pour chaque projet. Deux de ces projets sont situés plus bas pour que ce dispositif soit accessible aux enfants.

Au centre de la table sont disposées les 12 maquettes physiques de ces projets, réalisées en impression 3D grâce à la modélisation préalablement réalisée et accessible sur les bornes interactives.
Sur le mur, des panneaux zooment sur les trois projets les plus emblématiques de cette époque, proposant des interviews ou des vidéos documentaires présentant les architectes, en plus d’un ensemble de plans, photographies, ou dessins relatifs au projet.

[1] Francis Eustache (sous la direction de), La mémoire du futur, Ed Le Pommier, 2018.

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Générique

Architecte de la réhabilitation du bâtiment : Rachid Andaloussi - Casablanca

Ingénieur culturel / Commissaire de l'exposition permanente, mandataire : Bouillon de Culture - Rabat

Architecte, scénographe : Ateliers Adeline Rispal - Paris

Images : Romain Hamon